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Les mardis du CERCIL

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Mardi 2 décembre 2014, 18h : rencontre avec Ginette Kolinka, née Cherkasky (Drancy, Auschwitz II-Birkenau, Bergen-Belsen, Raguhn, Theresienstadt)

Entrée libre dans la limite des places disponibles

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Ginette est née le 4 février 1925 à Paris ; elle a vécu sa petite enfance dans le 4ème arrondissement puis à Aubervilliers. Elle est la sixième d'une famille de sept enfants et a eu une enfance très protégée. Ginette Kolinka est née dans une famille non pratiquante d'origine juive. Cherkasky c'est le nom de son grand-père paternel venu de Russie. Son père est né à Paris. Sa mère est d'origine roumaine. Son père, Léon, avait un atelier de confection. En 1941, les arrestations concernent d'abord les hommes : dans sa famille ce furent le beau-frère et le frère de son père.

 


En juillet 1942, on les prévient qu'ils vont être tous arrêtés comme communistes. Ils fuient en zone non occupée.
Ginette et deux de ses soeurs font une première tentative par Angoulême, sont emprisonnées pendant huit jours en attendant la vérification de leurs identités. Libérées, elles retournent à Paris et retrouvent un passeur à Chalons-sur-Saône. Toute la famille s'installe en Avignon. Ils travaillent tous sur les marchés ; Ginette travaille d'abord comme secrétaire.

Le 13 mars 1944, la Gestapo et la Milice viennent arrêter les hommes de la famille, son père, son frère de 12 ans et son neveu de 14 ans sur dénonciation. Devant les remarques de Ginette, ils l'embarquent aussi. Ils passent par la prison d'Avignon, puis celle des Baumettes à Marseille. Ils sont internés au camp de Drancy.

Le 13 avril 1944, ils sont déportés par le convoi 71 en wagons à bestiaux depuis la gare de Bobigny jusqu'à Auschwitz II-Birkenau. Son père et son frère rejoignent les camions et sont gazés à l'arrivée. Ginette entre dans le camp des femmes, est tatouée, matricule 78 599, son neveu entre dans celui des hommes.
Ginette Kolinka, vêtue de haillons, apprend à Auschwitz l'exécution de Mala, une femme juive héroïque.

Fin octobre 1944, elle est transférée jusqu'à Bergen-Belsen qui est en pleine anarchie et où la loi du plus fort règne. Elle est sous une tente.
En février 1945, elle se porte volontaire et est envoyée à Raguhn, près de Leipzig. Les conditions matérielles sont un peu moins désastreuses qu'à Bergen-Belsen et elle travaille en usine.
En avril 1945, devant l'approche des armées alliées, elle est transférée pendant 8 jours, par un « train de la mort » jusqu'au camp de Theresienstadt. Ginette est atteinte du typhus.

Libérée, début mai 1945, elle est rapatriée par les Américains en avion sanitaire à Lyon. Elle pèse tout au plus 28 kg.
A son retour en juin 1945, elle retrouve sa mère et 4 sœurs. La cinquième a été déportée.

Ginette écrit en 2009 :
"Après avoir passé quelques jours à Lyon venant du camp de Theresienstadt, j'apprends par une visiteuse que ma mère et mes soeurs ont récupéré l'appartement parisien. Alors que très mal en point, je devais aller à l'hôpital, j'ai choisi de rentrer sur Paris. Il fallait obligatoirement passer par l'hôtel Lutetia et, après m'être acquittée de la corvée de répondre aux responsables qui nous interrogeaient, je suis rentrée chez moi.
Dans le couloir, j'ai croisé la concierge : "Ah Gilbert, .. mais non ! " J'étais dans un tellement triste état, 29 kg à peine, cheveux rasés, qu'avec mes 20 ans, elle m'avait confondue avec un garçonnet de treize ans.

En ouvrant la porte, c'est dans les bras de ma mère que je suis tombée et en me conduisant dans le canapé car je ne tenais pas debout, elle m'annonce : "On va me donner des nouvelles de ton père et de Gilbert." Et moi sans la préparer doucement à ce que je vais lui apprendre, brutalement, je lui dis ! "Des nouvelles ! Ils ont été gazés en arrivant et leurs corps brûlés !"
Le remords m'a hanté jusqu'à maintenant, mais ce remords je ne l'ai eu que beaucoup d'années après mon retour. J'avais alors perdu toute sentimentalité.
Pauvre Maman, elle est décédée en 1951, sans jamais m'en avoir reparlé."

Ginette essaie de reprendre vie pendant deux ans et ne parle à personne de sa déportation.

Aujourd'hui, elle témoigne fréquemment auprès des jeunes. Elle accompagne de nombreux voyages à Auschwitz.

Le CERCIL travaille à l'approfondissement de l'histoire des 16 000 internés juifs dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers et des 1 700 internés principalement des Tsiganes dans celui de Jargeau.

 

 

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